Un pli confondant ou le diable Vauvert

Voici une correspondance à lire 2 fois. La 1ère fois pour en apprécier la teneur et la seconde en enlevant tout ce qui relève du sexe féminin.

« Je crois que vous êtes nouvelle dans nos murs. Aussi soyez la bienvenue. Il faut se féliciter de ce que Notre-Dame de Vauvert attire le beau monde. Saint-Louis s’y est rendu alors qu’il allait à Aigues-Mortes s’embarquer pour une croisade…

Mais au fait, je me présente. Je suis le curé de Vauvert. Voilà soixante-six ans que je remplir la difficile tâche de contenter les âmes. Les âmes pieuses d’ici sont plutôt consensuelles, voire inconsistantes, et quand elle prient, je suis pour elles comme une sorte de convoyeur.

Je me suis laissé dire que vous étiez une jeune femme libre et sans condescendance. Aurai-je le plaisir de vous confesser à votre tour ? Mon suisse, surmené par des années de commérages, prétend que c’est là votre secret désir. Ma porte est située à l’angle des rues Voltaire et Carnot. Vous me trouverez facilement, je suis généralement connu. »

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La réponse :

« J’ai lu votre courrier, non sans une certaine considération. Mon secret désir, avez-vous écrit ? Il est à craindre que votre vieux concierge n’ait confondu. (Mon Dieu ! Qu’ai-je dit à cet inconstant ?) Mais passons sur ce détail (nous pourrons toujours tester la droiture de cette andouille plus tard). J’ai bien réfléchi à votre proposition. L’idée que vous me confessiez ne me déplaît pas, loin s’en faut. Il faut savoir naître aux nouvelles expériences ! Mais sachez une chose : je suis une femme fort émotive, et vous aurez sans doute du mal à me contenir. »

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