Céline Bourragué

Céline Bourragué

Chef de projet digital

Le mot à connaître est « Poltron »

À ne pas confondre avec « pochtron » qui même s’ils ont parfois un côté commun, sont différents à l’origine. Poltron est un adjectif qualifiant une personne lâche, qui manque de courage. On peut ainsi dire que ce poltron est devenu pochtron car il n’arrivait pas à arrêter de boire. Continue reading

Le mot à connaître est « magnanime »

Ce mot qui se raréfie en son utilisation, vient du latin magnus animus, pour grande âme. Nul besoin d’épiloguer mais je constate une grande tendance au sadisme qu’à la gentillesse. On dit d’une personne qu’elle est magnanime lorsqu’elle prend soin des plus faibles et que sa générosité n’a d’égal. Cette personne a une grande âme. Paix à la sienne et à celui qui m’a soufflé ce mot… qui lui va si bien !

Hip hip hip hourra !

Il nous arrive fréquemment d’utiliser des expressions sans vraiment en connaître le sens ni l’origine. C’est le cas sans doute pour le cri de joie qu’est hip hip hip hourra. L’interjection hip, d’origine anglaise, serait un cri d’enthousiasme. Par exemple : « Hip hip hip, I found Ken in the kitchen !

Le mot hourra a quant à lui, deux origines supposées. La première, toujours d’origine anglaise, expliquerait le mot hourra comme étant le dérivé de huzza, cri d’encouragement des marins. À noter également que le verbe hisser (une voile) se dit to heeze.

Il se pourrait aussi que hourra vienne du russe ura, ce mot étant le cri de guerre des cosaques.

Quoi qu’il en soit, cette expression est bien un cri de joie ou d’encouragement !

Hip hip hip hourra !

Le mot à connaître est « baragouiner »

La langue d’autrui ou les phrases prononcées sans efforts d’articulation ont une histoire. On dit alors : « qu’est-ce que tu me baragouines là ? ».

Ce mot vient du grec barbaros pour barbare, représentant à l’époque, tous les étrangers n’appartenant pas au peuple grecs. Revenons dans notre pays à la fin du XIV ème siècle où les français traitèrent de la même façon, nos compatriotes bretons. Ainsi, les pèlerins Bretons, arrivant dans une auberge en dehors de leurs terres, commandaient selon leurs moyens : du pain (bara) et du vin (gwyn). Le peuple breton fut alors surnommé les baragouins.

Le mot à connaître est « mirobolant »

Voici un mot à double sens à mon humble avis. Ce mot signifie incroyable, extraordinaire mais, son origine grecque lui donne le sens de gland. Ce qui est un peu paradoxal puisque qu’un gland n’est, en général, pas très extraordinaire…

Ce mot est aussi une espèce de prunier à une lettre près : le prunier myrobolant ou cherry plum qui permet la décontraction.

Le mot à connaître est « seoir »

Certes le verbe « seoir » est peu utilisé mais en tant qu’amoureuse des mots, je me devais de vous parler, pour la simple et bonne raison que ce verbe est difficile à conjuguer. Au présent de l’indicatif, qui pourrait être le temps le plus simple puisque c’est celui que nous vivons, nous avons :

il sied ou ils siéent

L’action de seoir se dit en séant et si cette action était au passé, il fallait dire en ayant sis. Ce verbe, venu du latin pour asseoir, et signifiant aller bien, surtout pour un vêtement, est si complexe que l’on n’en conjugue uniquement les 3ème personnes du singulier et du pluriel.

Le mot à connaître « Schmilblick »

J’ai utilisé ce mot il y a peu et je me suis dit qu’il sera bien, expliqué sur ces pages. Ce mot, de prononciation incongrue, représente un objet qui ne sert à rien et donc à tout… puisque rien peut aussi être tout ! Merci à ce cher Pierre Dac, artiste incroyablement incroyable, qui inventa ce néologisme dans les années 50.

Sa description du Schmilblick est la suivante :

« Le Schmilblick des frères Fauderche est, il convient de le souligner, rigoureusement intégral, c’est-à-dire qu’il peut à la fois servir de Schmilblick d’intérieur, grâce à la taille réduite de ses gorgomoches, et de Schmilblick de campagne grâce à sa mostoblase et à ses deux glotosifres qui lui permettent ainsi d’urnapouiller les istioplocks même par les plus basses températures. »

[hidepost=0]Les frères Fauderche sont Jules et Raphaël, personnages de l’émission radiophonique Bons baisers de partout, dont il est l’auteur avec Louis Rognoni. Bons baisers de partout est une série parodiant les célèbres espions des années 50.

Mais pour en venir aux faits, le schmilblick est utilisé principalement dans deux styles d’expressions qui, à mon goût, ont deux sens bien différents. La première est : « Que puis-je faire pour faire avancer le schmilblick ? Le schmilblick étant ici une forme d’aide. La seconde expression est : Mais qu’est-ce que c’est que ce schmilblick ? Dans le sens de désordre.

Au final, je pense que c’est l’origine loufoque et un peu capilotracté de ce mot qui lui donne ses différents sens… néologisme bipolaire, ben voyons !

Nb: à savoir aussi que le schmilblick était un jeu crée en 1969 (année érotique) par Guy Lux et Jacques Antoine. Le but était de trouver le nom d’un objet en ne connaissant que certaines de ses caractéristiques. Guy Lux relance ce jeu dans les années 90 mais cette fois-ci à la radio. L’émission était animée par Georges Beller et Évelyne Leclercq. [/hidepost]

Le mot à connaître « Micmac »

Avant de trouver l’origine de ce mot, rappelons qu’un micmac est quelque chose de confus, voire de suspect.

[hidepost=0]Micmac vient du XVIème siècle et s’écrivait alors mique-maque mais est sans doute une déformation de l’ancien français mutemaque représentant à l’époque toute forme de rébellion et de désordre. Autre possibilité, l’influence néerlandaise de muetmaken pour provoquer une émeute, elle-même issue de l’allemand mishmasch pour mélange.

Comme la tourmantine l’a bien fait remarquer, il se pourrait aussi que ce mot ait une relation avec le peuple amérindien Mi’kmaq.

Nb: Micmacs à tire-larigot[/hidepost]

Le mot à connaître « Mutine »

Voilà encore un mot mignon ma mignonne : mutine ! Cela signifie être espiègle, d’humeur joueuse ou taquine. Une personne mutine est une personne qui badine, qui se moque.

Ne trouvez-vous pas que ce mot me ressemble ?

J’en profite aussi pour vous faire part d’une citation extraite de la pièce de théâtre « On ne badine pas avec l’amour » d’Alfred de Musset :

Perdican : Adieu, Camille, retourne à ton couvent, et lorsqu’on te fera de ces récits hideux qui t’ont empoisonnée, réponds ce que je vais te dire : Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit :  » J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.  » (Il sort.)